Triple tenant du titre et 11 fois vainqueur du championnat d’Afrique des Nations de Volley-ball masculin, la Tunisie affronte ce soir à 15 h au Caire, le Cameroun dans l’un des quarts de finale de l’édition 2023 de l’épreuve. Le choc fait débat.

Au Championnat d’Afrique, des Nations de Volley-ball masculin, Camerounais et Tunisiens se retrouvent le plus souvent en finale. Et lors des quatre finales disputées, la Tunisie a toujours été championne face aux lions (1987, 1997, 2019 et 2021). En phase de poule, ils se sont aussi affrontés et le Cameroun a été vainqueur par moment notamment en 1983 et 2011. Mais la rencontre de ce soir au Caire à une particularité. Les finalistes des deux éditions ne se sont jamais défiés à l’étape des quarts de finale.
Si la Tunisie s’en va largement favorite, le Cameroun est donné vainqueur par certains hommes du milieu. C’est le cas d’Emmanuel Tocko. L’ancien volleyeur pense que la victoire devrait passer par le coaching « savoir capitaliser les atouts de son équipe, réduire ses faiblesses et contrer les forces de l’adversaire. Or présenter tout le temps la même stratégie connue des adversaires depuis longtemps, c’est faire que l’on prévoit toutes les actions de vos meilleurs éléments » Dans le même ordre d’idée, Julien Serge Abouem, président de la FECAVOLLEY propose quelques éléments de solutions « Prendre des risques au service et mettre la pression dès le début du match sur la réception adverse de manière à rendre le bloc efficace. Utiliser Kody et Kavogo en attaque à 90 % jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’ils ont lâché. Nathan doit jouer comme un deuxième Libero et surprendre en attaque de temps à autre

« Les risques au service en regardant le 6 majeur des 3 premiers matchs, nous n’avons que kavogo et kody qui prennent réellement les risques, les autres sont des serveurs tactiques. Nos gros potentiels serveurs sont sur le banc (bitouna, badawe)», rappelle coach Dorlain Yikbedek « Nous savons mettre la pression dès le départ, mais le souci qui reste et demeure, c’est de maintenir cette pression jusqu’au bout. Maintenant, sommes-nous capables de tenir si la pression vient de l’adversaire ?» , s’est-il interrogé par la suite avant de donner les clés d’émettre son expertise « Pour ma part, le succès de ce match passera par une grosse variation du jeu des passeurs, créer l’incertitude chez l’adversaire, le jeu d’ahmed est souvent trop prévisionnel (si ce n’est pas N, c’est K) dans les moments décisionnels »

La Passe, un problème
« Il faut aussi parfois penser à changer Ahmed en phases de jeu critiques. Je trouve qu’il succombe beaucoup et très vite à la pression des remontadas des fins de set. Il gère mieux quand nous avons une avance confortable » l’avis de Martin Mapack ancien passeur est partagé par l’ancien Emmanuel Tocko « En, réalité, il faut accepter qu’après pratiquement 7 participations à la CAN de Volley-ball, le jeu d’Ahmed est rendu stéréotypé et est dans toutes les machines. Il est devenu prévisible », a-t-il renchéri.  « Assurer la réception et le bloc, surtout assurer la défense basse qui a été l’élément qui nous a coûté le match contre la Libye. Les choix du passeur doivent être très imprévisibles pour déjouer les stratégies adverses et enfin très bien déranger dans le service, c’est-à-dire prendre les risques » souligne un autre entraîneur de volley.

De son côté, le coach Luabalbe Edouard remet en question la gestion totale de l’équipe camerounaise. « La réception risque nous créer les problèmes. On défend même ? Maintenant, allons voir sur la gestion des sets. Gestion de l’effectif. Gestion de l’effectif, un match 01 remplacement. Gestion psychologique. La Tunisie nous gagne sur la gestion de son effectif, et le coach gère le potentiel de chaque joueur ».

Pour le Docteur Élysée Yakana, le Cameroun peut-être vainqueur si et seulement si « chacun fait bien son travail. C’est-à-dire que le statisticien donne l’info et les propositions de solutions en temps réel »

Wilfried Mbamba, ancien volleyeur et consultant à Cam Volley, est resté froid comme dans la plupart de ces sorties. « Pour venir à bout de cette Tunisie, cette année, c’était le projet de 2019 et 2021. C’est cette continuité qui pouvait les ébranler. C’est une équipe assez stable. Et qui produit un jeu au niveau mondial. Je suis clair dans ma position. On ne peut pas les battre. J’ai vu les matchs de la Tunisie sur YouTube. C’est une machine de guerre. Son sort sera défini en finale. Avec ce que fait Ahmed, on a aucune chance » prédit-il

La tâche des Lions indomptables de volley sera immense ce soir au Caire, mais comme le dit le dicton, Impossible n’est pas camerounais !

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